Grande étude d’impact économique pour 17 événements majeurs canadiens : des chiffres éloquents qui donnent encore plus de pertinence à la demande de FAME de créer un programme fédéral dédié à la croissance de l’industrie événementielle

La publication aujourd’hui d’une nouvelle étude d’impact économique réalisée chez dix-sept événements majeurs canadiens donne encore plus de pertinence et d’actualité à la demande que fait Festivals et Événements Majeurs Canada (FAME) de créer, au gouvernement fédéral, un programme dédié à la croissance de l’industrie événementielle.


Consultez le rapport final des retombées économiques consolidées

L’étude de KPMG évalue qu’un groupe de 17 événements ont généré ensemble des retombées économiques de 290,8 M$ (valeur ajoutée aux prix du marché). Ce calcul est établi sur la base de dépenses admissibles (d’opération et touristiques) de 396,4 M$. L’étude estime que les 17 événements ont créé ou maintenu l’équivalent de 4 606 emplois (équivalent à temps plein) et produit des revenus fiscaux de 66,6 M$ (49,3 M$ pour le gouvernement du Québec, 17,3 M$ pour le gouvernement du Canada).

L’étude, faite par KPMG à la demande du Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI), portait notamment sur neuf membres de FAME et conclut aussi que le gouvernement du Canada récupère 1,78 fois sa mise, sous forme de taxes et impôts, lorsqu’il investit dans les événements.

Ces chiffres sont obtenus en vertu d’une approche dite « restrictive » qui ne prend en considération que les dépenses des touristes venus principalement à destination pour la tenue des événements. En ajoutant les touristes venus à destination partiellement en raison de la tenue des événements, une autre approche qui figure au Guide méthodologique pour la réalisation des études sur l’impact économique des grands festivals & événements du gouvernement du Québec, les données sont encore plus impressionnantes. Dans ce cas, le groupe de 17 événements génère des retombées économiques de 355,1 M$ (valeur ajoutée aux prix du marché), sur la base de dépenses admissibles (d’opération et touristiques) de 483,5 M$. Le nombre d’emplois créés ou maintenus passe à 5 598 (équivalent à temps plein) et les revenus fiscaux à 84,2 M$ (62,4 M$ à Québec, 21,8 M$ à Ottawa).

L’industrie événementielle peut donc être très payante. Plus on y injecte des fonds, plus les retombées sont démultipliées, comme en témoigne l’expérience du Festival international de Jazz de Montréal, où on a fait une étude en 2016 et l’une en 2017. Avec un apport en subventions montréalaises, québécoises et canadiennes de 4 M$, l’événement a produit en 2016 39,1 M$. En 2017, des contributions supplémentaires du Fonds Canada 150 et de la Société des célébrations du 375eanniversaire de Montréal ont porté le total de subventions à 5,5 M$, ce qui a notamment permis de prolonger l’événement et, en conséquence, cela a généré des retombées accrues, de 48,5 M$. Voilà un argument supplémentaire pour semer davantage, pour ensuite récolter davantage.

L’étude de KPMG démontre également que la tenue d’événements incite des touristes de l’extérieur de la province où ont lieu ces manifestations, souvent depuis l’étranger, à voyager dans le but de participer et à dépenser de « l’argent neuf » dans l’économie. Chez ces 17 événements analysés, pas moins de 190 603 sont venus d’une autre province ou de l’extérieur du Canada, dépensant en moyenne 778,34 $ par séjour et laissant au total 148,5 M$ d’« argent neuf » au Québec, dont près du quart dans les hôtels ou en hébergement et le tiers dans les restaurants. FAME considère qu’avec davantage de moyens, les festivals et événements majeurs canadiens seront plus attractifs et attireront davantage de touristes, notamment des touristes internationaux.

Équité et redistribution demandées

Pour FAME, l’un des problèmes actuels en est un d’équité au Canada. À l’exception de Développement économique Canada pour les régions du Québec, les autres agences régionales de développement économique ne font pas de l’industrie événementielle une priorité et ne la soutiennent pas.

Aussi, si le gouvernement du Canada soutient par exemple le Grand Prix de Formule 1 du Canada, à hauteur de 7 M$ par année, reconnaissant par le fait même son importance économique et touristique, il ne fait pas la même chose avec les grands rendez-vous cités dans l’étude.

À Patrimoine canadien, où l’on reconnaît plutôt le rôle de diffuseurs culturels qu’ont les événements, les budgets du Fonds du Canada pour la présentation des arts (Volet Soutien à la programmation : Festivals artistiques et diffuseurs de saisons de spectacles professionnels) et du programme Développement des communautés par le biais des arts et du patrimoine (Volet Festivals locaux) ne répondent plus depuis longtemps à la demande. Ils n’ont pas été augmentés depuis près de 10 ans. En vertu de ces deux programmes, les membres de FAME qui reçoivent des subventions de Patrimoine canadien se partagent annuellement environ 4,5 M$.

Rappelons que même s’ils entrainent une réaction en chaine dans l’économie, dans les transports, la restauration et l’hôtellerie, par exemple, les événements majeurs ne captent qu’une infime partie de la richesse créée, exception faite de la billetterie, lorsque présente, et de quelques postes de revenus autonomes. FAME en appelle aux gouvernements pour jouer activement leur rôle de « redistributeurs » d’une partie de la richesse, pour faire en sorte que la roue continue de tourner et que les festivals et événements se financent, se renouvellent et se développent.

Voir le montage vidéo comprenant des chiffres de l’étude