Grands festivals et événements canadiens : une étude d'impact économique

En 2009, la Coalition des festivals Canadiens  a commandé un rapport pour mesurer l’importance de l’impact économique résultant des activités de 15 bénéficiaires du fonds de relance du Programme des manifestations touristiques de renom (PMTR).

  1. Des millions de personnes assistent aux plus grands festivals et événements chaque année.
    • On estime à 12,6 millions le nombre de visites aux 15 plus grands événements canadiens.
    • 3,3 millions de visites ont été effectuées par des touristes, dont 1 million par des visiteurs étrangers.
  2. Ces événements ont généré plus de 1 milliard $ en nouvelles dépenses.
    • On estime à 780 millions $ les dépenses des touristes ayant visité les 15 plus grands festivals et événements canadiens.
    • À cela s’ajoute 300 millions $ en dépenses de fonctionnement locales liées aux événements.
  3. Les dépenses engagées lors des événements ont gonflé de 650 millions $ le PIB des économies locales.
    • Ce montant découle du tourisme et des dépenses de fonctionnement.
    • En moyenne, la contribution d’un grand festival au PIB local est de 43,2 millions $.
  4.   Les dépenses génèrent de l’emploi et des revenus de taxation.
    • Ces dépenses dans les grands festivals ont permis de créer l’équivalent de 15 600 emplois à temps plein.
    • Elles ont permis de générer 283 millions $ en recettes fiscales pour les trois paliers de gouvernement.

Des retombées économiques mesurables

Festivals et événements majeurs du Canada (FAME) est voué à faire reconnaître l’importance du secteur des festivals et des grands événements pour l’économie canadienne et à démontrer sa contribution directe à l’industrie du tourisme.

Les membres de FAME cherchent à créer une société de capital-risque avec le secteur public qui permettra de tirer de meilleurs revenus de nos activités et de stimuler le recrutement de nouveaux commanditaires. Cela facilitera l’expansion de nos festivals et événements, permettra d’améliorer leur programmation ainsi que les initiatives de promotion. En aucun cas, cet argent servira à alimenter les budgets de fonctionnements actuels.

Nos recommandations en matière de financement reflètent les défis et les opportunités auxquels fait face notre industrie et sont cohérents avec les efforts du gouvernement visant à augmenter les revenus grâce à des investissements stratégiques ayant des retombées économiques mesurables.

Un investissement qui rapporte

Bien que de courte durée, le Programme des manifestations touristiques de renom (PMTR) a démontré son efficacité. En deux ans, le programme d’investissement de 100 millions $ a insufflé une nouvelle vie à notre secteur d’activité, en dépit d’un ralentissement économique. Grâce à ce fonds de relance, les festivals et événements ont pu nouer des partenariats, obtenir des fonds de contrepartie du secteur privé et étendre les efforts en marketing. Cela a eu pour effet d’augmenter la fréquentation, de créer des emplois et de générer d’importantes retombées économiques aux niveaux régional et national.

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Plus de touristes, plus de richesse : un appel au gouvernement du Canada

Martin Roy, Président-directeur général du Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI) et de Festivals and Major Events (FAME)*

Ça y est : la saison touristique de tous les espoirs commence ces jours-ci au Canada, avec la tenue de la Semaine du tourisme, du 28 mai au 3 juin, et le déploiement des premiers grands événements et festivals partout, en cette année du 150e de la Confédération et du 375e de Montréal.

Il y a longtemps que l’alignement des astres n’a pas été aussi favorable à notre destination — que le New York Times et Lonely Planet placent au sommet de leur palmarès annuel —  pour qu’elle attire plus de touristes internationaux que jamais. Si le gouvernement fédéral a agi résolument en faveur de l’industrie depuis 2015, il peut et doit faire davantage afin de saisir la plus grande part de marché possible, un « gâteau » qui grossit littéralement à vue d’œil sur la planète entière et dont on doit avoir la plus grosse part possible.

Il y a désormais chaque année plus d’un milliard de touristes internationaux qui sillonnent le monde à la recherche de dépaysement et de nouvelles expériences. L’Organisation mondiale du Tourisme prévoit qu’ils seront 1,8 milliard en 2030, ce qui représente une croissance annuelle moyenne de 3,3 %. En 2016, le Canada a accueilli près de 20 millions de visiteurs étrangers, un sommet depuis 14 ans, ce qui pourrait lui faire gagner quelques positions dans le top 20 des destinations internationales, lui qui ne pouvait faire mieux que le 18e rang en 2015.

Cette hausse est le résultat d’une conjoncture favorable, certes, mais aussi de l’intervention du gouvernement du Canada, qui a cessé d’exiger des visas auprès de certaines clientèles et a réinvesti à Destination Canada, notamment pour que l’organisme puisse convaincre les Américains de venir en plus grand nombre. De notre point de vue, cet effort du côté du marketing et de l’accès doit être assorti d’un effort sur le plan du développement de l’offre touristique, du « produit » que nous offrons aux touristes.

À l’occasion du lancement de la saison, Festivals et événements majeurs (FAME) invite le gouvernement fédéral à faire un pas de plus afin de favoriser la venue de touristes internationaux et générer des retombées, en créant cette fois un programme dédié à la croissance de ces grands rendez-vous que sont, par exemple, le BluesFest d’Ottawa, le Festival international de Jazz de Montréal, Juste pour rire, le Festival international de Jazz de Vancouver et le Festival d’été de Québec, établis dans la plupart des provinces. À cette fin, ils suggèrent de rendre pérenne une partie du budget alloué au 150e.

En plus d’avoir un impact social et culturel positif, les festivals et événements constituent de véritables produits d’appel pour la destination, en concrétisant de vagues intentions de voyage au Canada en dates à ne pas manquer. En 2009, on estimait qu’un groupe de 15 grands événements généraient à eux seuls plus d’un milliard $ de dépenses et la création de 650 millions $ au PIB du pays. Il est aussi établi depuis que chaque dollar investi par les gouvernements dans les festivals en procure deux et demi sous forme de fiscalité et de parafiscalité. Nombreux sont les festivals et événements qui comptent parmi leur assistance plus de 10 % de festivaliers de l’extérieur du pays. L’exemple d’Osheaga, dont plus de deux tiers des participants viennent de l’extérieur du Québec est aussi éloquent qu’à reproduire partout au Canada.

Ailleurs, différents palliers de gouvernement ont compris l’importance de miser sur les festivals et les événements, qui constituent de plus en plus un phénomène social mondial, en même temps qu’un créneau touristique important, comme en témoigne le succès de Coachella en Californie, de Tomorrowland en Belgique ou encore celui de SXSW, au Texas. Cet état investit annuellement à lui seul près de 40 millions $ dans un fonds pour les événements, alors que la Ville d’Austin consent plus de 12 millions $.

Ici, le Québec et l’Ontario ont récemment annoncé des réinvestissements, faisant chacun passer l’enveloppe de leur programme à plus de 20 millions $, mais depuis la fin du Programme de manifestations touristiques de renom en 2010, c’est la participation du gouvernement fédéral qui se fait attendre. Via Patrimoine canadien et les agences de développement économique, le Canada subventionne indirectement à hauteur de 4 % un secteur qui est proportionnellement financé davantage par les gouvernements français, suédois et irlandais, pour ne nommer que ceux-ci. Au Royaume-Uni, la part des revenus publics des membres de la British Arts Festival Association atteint même 28 %.

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*FAME représente 22 festivals et événements majeurs au Canada alors que le RÉMI en compte 27 au Québec.